MLC explications

Qu’est-ce qu’une cuirasse ?

Les cuirasses sont des protections qui se sont installées au cours de notre vie, qui nous ont servis, mais qui, à la longue, entravent de façon consciente et/ou inconsciente notre existence.

Une cuirasse est un mécanisme de défense que le corps a mis en place face à des agressions extérieures ou intérieures. Elle est composée à la fois de tensions physiques, d’émotions et de croyances ou pensées; elle touche donc aussi bien le niveau physique, émotionnel que mental.

Elles se créent à différents âges et se superposent les unes les autres telles les pelures d’un oignon. 

Plus elles sont bâties et rigidifiées, plus notre réel potentiel de vie est emprisonné en nous-mêmes.

Marie Lise Labonté¹ a redéfini ces cuirasses (selon un principe déjà énoncé par W.Reich): 4 cuirasses de base et 4 cuirasses d’identification. Son observation et sa lecture du corps tout au long de sa pratique lui ont montré qu’il existe des cuirasses qui se forment verticalement en partant de la colonne vertébrale, ce qui est le plus profond de notre être et qu’elle nomme le «cœur du corps», pour aller vers la périphérie.

 

 

Les 4 cuirasses de base

1. la cuirasse fondamentale

Elle est la plus profonde, la plus destructrice et la plus salvatrice. Elle contient les mémoires et les expériences de la vie intra-utérine. Elle a enregistré les émotions (peurs, doutes, rejets, craintes,…) de la mère et porte le traumatisme de la naissance, du passage, l’angoisse de vivre ou de mourir.

La cuirasse fondamentale prend racine au cœur du corps. Elle est ancrée dans la profondeur des tissus et des muscles; elle touche le système nerveux central.
Cette cuirasse existe à travers une puissante contraction de l’énergie vitale, qui résulte en une tension intense de l’être. Poussée à l’extrême, cette contraction empêche le corps de se détendre, de s’abandonner à l’amour, à l’énergie sexuelle, à la joie et à la spontanéité. Elle renferme une telle énergie qu’elle est à la base du déclic, qui fait qu’une personne passe de l’autodestruction à l’autoguérison.
C’est sur elle que reposent toutes les autres cuirasses.

2. la cuirasse d’impuissance et de désespoir

Elle se forme autour de l’âge de 2 ans. Le petit enfant est encore en symbiose avec sa mère, et en même temps, il commence son processus de différenciation.
Dans cette évolution, il est une « éponge » et absorbe toutes les difficultés qui l’entourent, les conflits et les mésententes.
Trop petit pour se protéger, pour mettre des barrières, il pompe tout, sans dissociation, et conclut :
 J’ai fait quelque chose de mal, c’est ma faute si…
 Je vais être abandonné, la vie n’est que souffrance.
Sans aide extérieure, c’est très difficile pour lui de sortir de ce sentiment de doute, d’impuissance et de désespoir.

La cuirasse se crée sur la durée, elle donne naissance aux premiers symptômes des maladies psychosomatiques. Ces derniers peuvent apparaître vers 4-7 ans, souvent beaucoup plus tard.

On peut observer le corps de l’enfant portant cette cuirasse, il transpire l’impuissance, la non-joie, l’ennui. Il perd sa spontanéité, le goût de jouer. Dans son tissu conjonctif, dans ses muscles et son système nerveux, s’inscrivent une tension, l’inhibition de l’action et la tristesse.

3. la cuirasse du mal-aimé

Elle se construit vers l’âge de 4 ans. C’est l’expression d’une réaction de survie au désespoir et à l’impuissance rencontrée dans la cuirasse précédente. L’enfant va édifier des conclusions et développer des pensées du type :
 Que puis-je faire pour être aimé ?
 Que puis-je faire pour être accepté, pour me faire pardonner ?
Afin de répondre à ce grand vide, l’enfant construit une armure de compensations et tente de combler ses manques en se suradaptant :
– Il apprend les « bons » comportements :
 Pour être aimé, je dois me taire
 Pour être entendu, je dois crier
 Pour être reconnu, il faut que je fasse ceci
– Il fait bonne figure, essaie de briller, compense ses manques dans la nourriture, le sport, les jeux.
– Il souffre de la maladie « de celui ou de celle qui aime trop ».
On comprend que toute son énergie vitale est utilisée pour combler le vide, pour obtenir l’amour à n’importe quel prix. Le corps qui est pris dans cette cuirasse est un corps bafoué. Elle est profonde et s’inscrit non seulement dans les muscles, mais aussi dans un dérèglement des systèmes internes. Notamment les éléments tels que la lymphe, l’insuline, le glucose ou le sang.

4. la cuirasse de protection

Dans la cuirasse précédente, du mal-aimé, l’enfant se sent victime. Il peut décider alors de s’endurcir en se créant une véritable forteresse pour ne plus souffrir.
Pour quitter ce rôle, il devient dominateur. Il enfile la cuirasse de protection, qui est avant tout une défense pour contrecarrer toute attaque.
Elle apparaît vers l’âge de 4-6 ans, mais elle peut aussi très bien se développer plus tard, à l’âge adulte.

Au niveau mental, les pensées et les croyances de la cuirasse du mal- aimé sont devenues des certitudes, des dogmes :
Je n’ai pas besoin des autres, je préfère être seul.
Je n’ai pas besoin d’amour pour vivre. Il faut être dur, car la vie est dure.
Sur le plan physique, c’est un corps raide, rigide malgré l’apparente souplesse. C’est un corps construit par la volonté, par le sport, la musculation. L’individu herche avant tout à se tonifier de l’extérieur, à paraître.

La personnalité de ce corps est totalement identifiée à la performance, sexuelle, physique, amoureuse, psychique, aux biens matériels ou à la prise du pouvoir, à l’acquisition du savoir. Il émane de la froideur, de la rigidité, il ne connaît pas la tendresse, la douceur, il n’y a pas accès, car il s’est coupé de sa source, de son essence profonde, de lui-même. C’est un être de surface.

cuirasses

Les 4 cuirasses d'identification

5. la cuirasse parentale

Dans son développement, l’enfant a besoin de s’identifier à ses parents, cela fait partie intégrante de sa construction. Si ce processus n’est pas comblé, il peut chercher à le faire avec une figure sur laquelle il projette l’image du père ou de la mère. En grandissant, il devient un être individué et acquiert sa propre autonomie.
Lorsqu’il n’arrive pas à trouver son chemin, il vivra soit en recherchant la symbiose parentale, soit en adoptant une réaction de rejet. Dans son processus d’imitation, l’individu s’éloigne de son corps pour porter celui d’un parent ou des deux, cela peut aller jusqu’à se donner la même maladie que le parent auquel il s’identifie. Une maladie qui est alors d’origine plus probablement psychique et physique, que génétique.

6. la cuirasse d’appartenance

A l’adolescence, le jeune en quête d’identité cherche à se distinguer de ses parents, de sa famille, en explorant les modèles possibles à l’extérieur; il devient fan d’un chanteur ou d’un acteur, il s’identifie à telle mode, tel groupement ou telle culture. Son besoin de se sentir « appartenir » et de remettre en cause son bagage éducatif, familial fait partie du processus naturel à l’adolescence. Il lui permet de se rapprocher de qui il est, de reconnaître son corps et de trouver ses propres valeurs.
Toutefois, si l’individu porte déjà en lui d’autres cuirasses, s’il est en total rejet de sa famille, de son entourage, il peut s’abandonner, perdre son identité et se fondre dans un modèle extérieur à lui.
La cuirasse d’appartenance peut se manifester par des signes tels que l’anorexie, la boulimie, être un corps déformé par les addictions, la performance ou le mimétisme à outrance.

7. la cuirasse narcissique

Le corps qui porte cette cuirasse est en perpétuelle adaptation. Il n’existe qu’à travers les autres. Son miroir peut être tous les êtres animés, ou objets qui reflètent. La personne est à l’affût, recherchant l’admiration, la vénération d’autrui. Elle utilise les vitrines, le regard du voisin de table, du chauffeur de taxi, etc… avec avidité. Elle n’existe qu’à travers eux.
Ce corps est un corps de surface, il est souvent épuisé par son désir de plaire, par les critères de beauté, les cures de jouvence ou d’amaigrissement. Il a perdu toute spontanéité, il a perdu son âme pour devenir un corps programmé, qui ne fonctionne plus que dans le reflet extérieur.
Si ce miroir venait à se briser, sa raison d’être serait égarée.

8. la cuirasse sociale

A quelques exceptions près, cette cuirasse se met en place vers la trentaine. Elle dénote un vide, une insécurité qui mène l’individu à se fondre dans la masse et à s’y conformer sans trop se poser de questions. Il épouse l’image collective et son conventionnalisme; il prend du poids après le mariage, le ventre bedonne, il souffre du dos, il adopte les idées préconçues et il éprouve les émotions socialement acceptables. Cette cuirasse se nourrit de la peur et du sentiment d’insécurité.
La personne ressent le besoin d’être prise en charge, de se sentir identique à la masse et de pouvoir s’y conformer, pour combler son vide intérieur.
Le prix à payer est la lourdeur de l’être. L’individu portant cette cuirasse a troqué la fluidité, la spontanéité, l’autonomie et le plaisir pour la rigidité, l’immobilisme, le défaitisme et l’illusion de sécurité.
Porter ces cuirasses nous rigidifie autant physiquement que psychiquement. Se protéger devant un agresseur ou une agression est une chose, se maintenir en état d’alerte permanente est destructeur pour la personne. C’est la répétition des peurs, des doutes et des angoisses qui petit à petit nous barricade et nous conduit au mal-être et plus tard à la maladie.

Comment se vit la MLC© ?

Par la pratique de mouvements et d’explorations spécifiques qui partent du corps, la personne entre en présence de ses sensations, de ses tensions, de ses limitations, etc. Aux tensions physiques sont associées des «tensions» psychologiques et émotionnelles. En reprenant contact avec son corps et en se laissant guider par lui, les tensions peu à peu se dénouent et se libèrent.

La MLC se pratique sous forme de classes hebdomadaires ou de séances individuelles.
Les mouvements vécus lors des différentes explorations corporelles se pratiquent debout ou couché, avec ou sans instruments (balles de tennis et boules mousse, bâtons, rondins de bois, etc.) et permettent de masser, d’ouvrir et de libérer le corps d’abord dans sa superficie puis de plus en plus dans sa profondeur.

Petit à petit, le participant se découvre une nouvelle conscience corporelle plus proche de sa vérité, et de ce qu’il est vraiment, libéré des «je dois…, il faut…, je devrais…, il faudrait…».

A qui s’adresse cette approche ?

La MLC© s’adresse à toute personne (femme et homme), il n’y a pas de limites d’âges pour pratiquer cette méthode et aucune aptitude physique particulière n’est requise.

Cette approche se veut un accompagnement, un soutien, une prise de conscience corporelle mais en aucun cas un substitut d’un traitement médical.

¹ Marie Lise Labonté est l’auteur de plusieurs livres aux Editions de L’Homme : « Au cœur de notre corps », « Mouvements d’éveil corporel », « Se guérir autrement, c’est possible », « le Déclic ».